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Accueil du site > Equipes > Fonctionnalité et dynamique du tissu cutané (D. Sigaudo-Roussel) > Thématiques > Réparation tissulaire et propriétés fonctionnelles de la peau > Réparation tissulaire et propriétés fonctionnelles de la peau

Réparation tissulaire et propriétés fonctionnelles de la peau

Porteurs de projets : P. Sommer, D. Sigaudo-Roussel

Personnes impliquées dans le projet  : M-S. Nguyen-tu, J. Boizot, G. Aimond, J. Vial, R. Debret, A. Josset-Lamaugarny, B. Fromy, D. Vital-Durand, J.L. Saumet.

La cicatrisation cutanée est un phénomène complexe au cours duquel des événements dermiques et épidermiques sont étroitement impliqués et n’est pas, comme on l’a longtemps cru, un simple processus linéaire au cours duquel des facteurs de croissance sont synthétisés pour activer la prolifération et la migration cellulaires. La réparation tissulaire contribue à restaurer la qualité fonctionnelle de la peau dans un organisme sain. Toutefois cette capacité de réparation tissulaire peut être compromise en condition pathologique ou fragilisée et peut conduire à la formation de tissu cicatriciel, qui est souvent vulnérable et instable, limitant la restauration fonctionnelle de la peau avec pour conséquence une incidence de lésion cutanée augmentée.

Réparation du réseau élastique

Nous nous intéressons à l’amélioration de la cicatrisation par le biais d’une ré-induction de la synthèse des fibres élastiques au niveau des plaies. Un des facteurs limitant en médecine régénérative est l’absence de néo-synthèse de fibres élastiques dans les néo-tissus. Plusieurs approches, peuvent être considérées : l’influence de facteurs de croissance, la modulation pharmacologique par une molécule dûment certifiée et l’apport d’une matrice synthétique apportant un macro et microenvironnement favorable à l’élastogenèse.

Ce programme cherchera à identifier les mécanismes qui inhibent la formation des fibres élastiques dans les plaies ou lors de la reconstruction tissulaire afin d’y remédier ; mais aussi les mécanismes qui permettent à l’extrait d’aneth d’exercer son activité pro-élastogénique, dans différents modèles (peau reconstruite, cicatrice chronique chez l’animal, régénération tissulaire à visée thérapeutique) par l’identification des molécules impliquées et de leur mode d’action. Ce projet est mené avec la société Urgo, spécialiste des bandages pour la cicatrisation, donnant lieu à une bourse CIFRE (thèse de J. Boizot, 2011-2013), autour de la modélisation de la cicatrisation via l’hypoxie et l’effet sur l’élastogenèse.

Dans le cadre de la dynamique de l’équipe, le potentiel élastogénique des tissus avec leur capacité de néo-vascularisation et d’innervation sera étudié en parallèle. L’idée est de considérer la qualité de la réparation tissulaire dans son ensemble.

Caractéristiques physiologiques et moléculaires de la peau fragilisée

Les recherches menées dans cette thématique auront pour objectif de mieux comprendre comment la réparation tissulaire influe sur la qualité fonctionnelle de la peau. Le modèle d’étude et la cible thérapeutique est l’escarre. C’est une complication clinique grave qui détériore la qualité de vie des sujets et entraîne des complications socio-économiques très fortes (surcharge en soins infirmiers, traitements onéreux, prolongation de séjour). Elle peut également entraîner d’autres pathologies car les plaies peuvent être une porte ouverte aux pathogènes, et des infections peuvent se propager dramatiquement à tout le corps. Il est donc indispensable de mettre en œuvre une politique de prévention.

Une peau fonctionnelle est préservée des lésions cutanées face aux agressions mécaniques, thermiques et chimiques. Mais cette fonctionnalité se perd au cours du vieillissement et sous contraintes.

  • Hypoxie et élastogenèse

Il est reconnu que l’élastogenèse fonctionnelle ne s’effectue pas ou insuffisamment lors de la réparation tissulaire ou dans les plaies ulcéreuses. Les mécanismes susceptibles d’être affectés ne sont pas connus, alors qu’il s’agit d’une étape cruciale de la reconstruction des tissus. Comme une constante des plaies chroniques est l’hypoxie, nous étudierons l’effet de l’hypoxie sur l’élastogenèse.

Un modèle d’hypoxie in vitro a été développé par ingénierie tissulaire sur une peau reconstruite humaine, ainsi qu’un modèle d’ulcération induite par la pression chez la souris pour créer des conditions d’hypoxie localisée. Nous étudions si l’activation des gènes impliqués est inhibée ou si l’hypoxie / ischémie induit un mauvais assemblage. Ce programme sera intimement lié aux études sur le contrôle de l’élastogenèse par la régulation épigénétique des gènes.

Ce programme étant financé par Urgo, les matrices développées par l’industriel afin de diminuer les effets délétères générés par l’hypoxie seront testées dans nos conditions. L’intérêt pharmacologique majeur serait de pouvoir activer ces matrices par l’adjonction d’actifs renforçant l’élastogenèse.

Ce programme d’interface sera effectué en phase avec le développement des modèles organotypiques et en synergie avec l’étude des escarres dans des modèles in vivo et chez l’humain.

  • Obésité et diabète : incidence sur le risque de lésions cutanées

L’obésité et le diabète sont associés à des complications cutanées, en particulier des fonctions dermiques impliquées dans le maintien de la résistance mécanique de la peau. Cependant, les mécanismes par lesquels le statut obèse diabétique provoque la fragilité cutanée sont peu étudiés. Des études antérieures ont indiqué que l’accumulation du tissu adipeux sous-cutané et l’augmentation de l’IMC sont négativement corrélée avec l’épaisseur cutanée chez les souris et les patients.

Parmi les nombreuses conditions pathologiques associées à la fragilité cutanée, les ulcères de pression sont l’un des problèmes les plus courants en clinique et sont causés par l’application d’une pression ou la force de cisaillement.

Au cours du diabète et de l’obésité le projet est d’étudier les relations entre le réseau des fibres élastiques et le réseau neuro-vasculaire en réponse à une pression externe et à l’hypoxie et leur implication dans la fragilité de la peau ; le processus de cicatrisation suite à une lésion de pression hypoxique et enfin la qualité du tissu cicatriciel en terme structural réseau de fibres élastiques, vasculaire et nerveux mais aussi fonctionnel.

Nous chercherons à savoir comment optimiser le processus de cicatrisation et de fait, optimiser la qualité fonctionnelle du tissu cicatriciel.